11/12/2012

Se révolter ou s'adapter : quand le projet et la demande de la personne n'ont pas de place

 témoignage.jpgMadame B. organise des séjours de vacances pour les personnes en situation de handicap moteur sur la région des Pays de la Loire. Elle nous explique à quel point les prises en charges infirmières ont été compliquées à organiser.

 "J'ai organisé un séjour de 5 jours au Pouliguen (44) pour 8 personnes. Notre objectif était d'offrir à chacun de vraies vacances avec un rythme sympa et de nombreuses activités. Tout a été super, sauf la partie des soins infirmiers qui nous a vraiment compliqué le séjour, et la partie aide humaine qui nous a rappelé la triste réalité de ce que subissent les personnes dépendantes :

- déjà, ça n'a pas été simple de trouver un cabinet infirmier qui accepte d'assurer les soins d'un des vacanciers, car plusieurs répondaient ne pas avoir de place,

- quand on a trouvé un infirmier, il a refusé de se déplacer sur notre lieu de vacances : il a fallu qu'on l'accompagne au cabinet, aux heures imposées par l'infirmier : les heures de repas tant qu'à faire !

- je m'étais bien assurée par téléphone que le cabinet était accessible, et pourtant, en arrivant sur place : une marche !

Pour la partie aide humaine dont avaient besoin 5 vacanciers, là encore c'est nous qui avons du nous adapter aux exigences du prestataire. Il nous a imposé le coucher à ... 19h15. C'est lamentable. On devait se dépécher de rentrer, de diner en quatrième vitesse pour être prêt et être mis au lit à 19h15...

Ce séjour était une vraie bouffée d'oxygène pour les personnes elles-même, mais aussi pour leur entourage qui bénéficiait ainsi de quelque jour de répis. Mais franchement, qui a envie de se coucher à 19h15 en vacances ?

Une fois encore, ce sont les personnes dépendantes qui sont soumises aux exigences et aux contraintes imposées par les professionnels du soins et de l'aide à la personne. "

22/11/2012

Faut-il menacer de saisir la CRUQPC pour voir respecter son protocole de soins ?

témoignage.jpgMadame P. nous fait part de sa difficulté à faire respecter le protocole de soins qui a été élaboré par ses médecins d'un centre hospitalier, avec accord de la CPAM.

"Alors que je dois bénéficier d'une prise en charge par neurostimulations magnétiques transcrâniennes tous les deux mois, le centre hospitalier qui me suit ne m'a pas adressé de convocation à la date prévue. J'ai du relancer le secrétariat des médecins à deux reprises avant de m'entendre répondre qu'il n'y avait de place. Je devais attendre 4 mois supplémentaires ! Le secrétariat m'a dit : "Vous n'êtes pas la seule, on a des problèmes de planning : vous êtes sur une liste d'attente. Si vous avez une crise, allez voir votre médecin traitant, et si besoin, il vous fera hospitaliser"

J'ai bien essayé de rappeler qu'il y avait ma santé en jeu, qu'un protocole de soins avait été défini, mais rien à faire. J'étais démoralisée et surtout dégoûtée, avec la sensation qu'on me laissait tomber.

Le lendemain, c'est de la colère que j'ai ressentie. J'ai alors rappelé le secrétariat, et menacé d'informer la CRUQPC de cette situation (Commission des Relations avec les Usagers pour la Qualité de la Prise en Charge). Réaction immédiate : "Non non, ne faites pas ça, j'informe tout de suite le médecin. Je vous mets en attente, et je vous reprends". Dans les 5 min qui ont suivi j'ai obtenu mon rendez-vous, et n'étais plus sur liste d'attente !

Conclusion : Il est regrettable de constater qu'il faut se fâcher et se montrer menaçant pour avoir le droit de se faire soigner conformément à ce qui a été convenu avec le médecin lui-même ! Pour moi ça confirme une médecine à deux vitesses : le patient qui râle peut se faire soigner, et celui qui se soumet doit subir la douleur. C'est un grave problème selon moi, car on n'a pas toujours la force de se battre quand on est malade"

 Pour en savoir plus sur les CRUQPC, cliquez ici

Un infirmier accepte de prendre en charge les soins de Christian.

Nous vous rapportions la situation dans laquelle se trouvait Christian qui ne parvenait pas à trouver d'infirmier(e) pour assurer les soins prescrits : voir ici.

Grâce à une belle mobilisation de différents acteurs, un infirmier a accepter d'assurer ces soins !

12/11/2012

Christian devra-t-il annuler ses vacances en Vendée faute d'infirmière ?

sos rouge.jpgC'est un SOS que nous a lancé Monique R. Pour les fêtes de fin d'année, elle a décidé de réunir toute sa famille pour une semaine de vacances sur l'île de Noirmoutier. Elle pensait avoir fait le plus dur en trouvant une grande location accessible pouvant accueillir tout le monde. Mais c'était sans compter sur le manque d'infirmières...

Son fils Christian est tétraplégique depuis un accident survenu il y a 11 ans. Prévoyante, Monique a tout prévu depuis des mois : la location est trouvée, toute la famille a posé ses congés, et les soins de Christian sont quasi prêts : l'aide soignante est trouvée, le kiné est trouvé, mais... impossible de trouver une infirmère.

Pourtant, Monique en a contacté des infirmières : plus de 15 cabinets libéraux, hôpitaux locaux, SSIAD. Mais aucune réponse positive...

Les raisons de ces refus : "on est débordé", "Noirmoutiers c'est trop loin", "Le matin, je donne la priorité aux prises de sang", "Ca me ferait me lever une demi heure plus tôt que d'habitude", Ce n'est pas mon secteur" ou encore "C'est plutôt à un homme de pratiquer les actes prescrits"

Monique R. a écrit à la Directrice Générale de l'Agence Régionale de Santé (ARS), et l'APF a alerté la Délégation Territoriale de l'ARS en Vendée, mais cela n'y change rien. Les infirmières sont libres de refuser des soins.

Sans infirmière qui accepte d'assurer les soins prescrits, Christian R. devra annuler ses vacances en Vendée, et devra passer Noël seul, loin de sa famille.

24/10/2012

L'accès aux soins des personnes handicapées : témoignons pour le rapport ministériel à venir !

A la demande de Marie-Arlette Carlotti, Ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, Pascal Jacob doit formuler des propositions pour améliorer l'accès aux soins des personnes handicapées. Sa lettre de mission précise qu'il doit s'appuyer "sur la parole des usagers, afin d'illustrer les situations rencontrées"

Témoignez !

Pour témoignez, remplissez le questionnaire en ligne, ou téléchargez le questionnaire pour le renvoyer complété à l'adresse blogsante.apfpdl@free.fr

Dépassements d'honoraires : "un accord au rabais" pour le CISS

 logo-le-ciss.jpgLe Collectif interassociatif sur la santé (CISS), dont fait partie l'APF, dénonce l'accord obtenu entre les syndicats de médecins et l'assurance maladie pour encadrer les dépassements d'honoraires. Les négociations se sont terminées par un fiasco pour les patients, "les pigeons de la farce!".

Le CISS demande au gouvernement et au président de la République de s'exprimer sur cet accord et souhaite que la justice soit saisie sur la légalité de celui-ci.

Pour lire le communiqué de presse complet, cliquez ici.

16/10/2012

Offre de soins de premier recours : proximité ne rime pas toujours avec accessibilité

L'INSEE a publié une enquête sur l'offre de soin de premier recours. En voici le résumé :

"La quasi-totalité de la population française habite à moins de 15 minutes d'un médecin généraliste, d'un infirmier et d'un masseur-kinésithérapeute. Cependant, les patients ne consultent pas toujours le professionnel de santé le plus proche pour les soins de premier recours. Ce phénomène est particulièrement marqué pour les spécialistes en accès direct : gynécologues et ophtalmologues. L'utilisation d'un nouvel indicateur d'accessibilité, dépassant les simples distances aux professionnels et tenant compte des tensions locales entre offre et demande de soins, permet de mieux appréhender les disparités territoriales d'accès aux soins. Le choix de la commune de recours, lorsque ce n'est pas la plus proche, est souvent lié à sa taille ou sa proximité avec le lieu de travail du patient."

Pour lire l'intégralité de ce rapport fort intéressant, cliquez ici

Et vous ? Consultez-vous le médecin le plus proche de chez vous ?

Si non, pourquoi ? (dépassement d'honoraires, innaccessibilité des locaux ou du matériel, ne prend plus de nouveaux patients, etc ?). Postez votre commentaire ci-dessous pour partager votre expérience !

10/10/2012

Les usagers du système de santé privés de voix ?

 CISS.jpgDans un communiqué intitulé « Des patients plutôt morts que vifs ? », le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) s’insurge du fait que depuis la loi du 4 mars 2002 prévoyant que les associations agréées représentent les usagers du système de santé dans les instances où se prennent les décisions qui les concernent, les moyens de représentation n’ont pas été accordés.

Et aujourd’hui encore, le nouveau gouvernement, malgré ses déclarations pleines de bonnes intentions, ne semble pas sur le point de le faire !

Ainsi, la proposition du CISS de créer un fonds pour financer la représentation des usagers dans le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale a été écartée.

Le CISS doit rencontrer la ministre de la Santé très bientôt. A suivre…

Pour lire le communiqué complet, cliquez ici

source : http://www.reflexe-handicap.org/

08/10/2012

Accéder à la santé : un parcours d'obstacles pour les personnes handicapées - dossier des ASH

"Lacune de la formation des médecins, lieux de soin inaccessibles, tarifs trop élevés..., se soigner relève de la mission impossible pour bien des personnes en situation de handicap. Les pouvoirs publics commencent à se saisir du sujet, mais trop lentement, selon les associations, alors que la situation s'aggrave."

C'est ainsi que débute un article fort intéressant paru ce mois-ci dans les ASH.

Pour consulter l'article : cliquez ici.

Dans l'article, il est fait état du "dossier de liaison pour enfants et adultes dépendants" qui permet d'améliorer la continuité de l'information lorsqu'un patient en situation de handicap, qu'il vive à domicile ou en établissement, est hospitalisé.

Téléchargez ce dossier ici.

05/10/2012

Osez témoigner !

Depuis le lancement du Blog Santé des Pays de la Loire, nous avons enregistré 5240 visites, preuve que la question de l'accès aux soins intéresse !

Et pourtant, vous êtes encore trop nombreux à poster votre témoignage : osez !

Le but de cette collecte de témoignages est de repérer les problématiques qui se répètent en matière d'accès aux soins (dans tous les domaines : juridique, relationnel, accessibilité, qualité de soin et d'accompagnement, etc). Ce recueil servira de base de construction de nos revendications pour que l'organisation de notre société en matière de soins évolue en faveur des patients.

Mobilisons-nous : ensemble nous serons plus forts, et mieux écoutés !

Pour témoignez, remplissez le questionnaire en ligne, ou téléchargez le questionnaire pour le renvoyer complété à l'adresse blogsante.apfpdl@free.fr