19/08/2013

Ophtalmologiste : 18 mois d'attente en Vendée

témoignage.jpgMonsieur B. est un quatragénaire en pleine forme. Seul petit signe de l'âge qui avance : sa vue qui commence à baisser un peu : il commence à avoir un peu de mal pour lire. Ce n'est pas sans mal qu'il vient de décrocher un rendez-vous chez un ophtamologiste pour dans 18 mois !

"Je n'ai jamais porté de lunette, et n'ai jamais eu besoin d'aller voir un ophtamologiste. Autant vous dire que trouver un ophtalmo qui accepte de me recevoir s'annonçait mal vu le manque de spécialistes en Vendée. Heureusement, ma femme et mes enfants sont suivis dans un cabinet, donc j'ai tenté ma chance. Première réponse : on ne prend pas de nouveau patient. Après insistance, la secrétaire accepte de me proposer un rendez-vous, mais ne dispose pas du planning du deuxième semestre 2013 (on est le 23 juin...)

Je rapplelle donc le cabinet le 1er juillet, et là, on me propose un rendez-vous dans 18 mais ! Pas le choix : j'ai accepté. Mais on a le temps de devenir aveugle..."

12/08/2013

Trouver un gynécologue en Vendée ? Bon courage

témoignage.jpgMadame F. se sent perdue. Sa gynécologue a cessé son activité et elle est bien en peine pour en trouver un autre.

"Des gynécos en Vendée, on n'en trouve plus ! Ma gynéco n'exerce plus et personne n'a repris son cabinet. Il a fallu se débrouiller pour trouver un nouveau médecin qui accepte de me recevoir, et ce n'est pas une mince affaire ! J'ai essuyé un nombre incalculable de refus : toute la liste des pages jaunes ! J'approche la cinquantaine et de par mes antécédents j'ai vraiment besoin d'un suivi sérieux et régulier.

Seul un gynéco d'une clinique privée a bien voulu me recevoir, mais je l'ai trouvé "olé olé"... Il m'a parlé de politique, de tout et de rien, et à la fin m'a demandé si j'avais des ganglions dans la poitrine... Je lui ai répondu que c'était peut-être à lui de me le dire !"

05/08/2013

Faute de dentistes, j'ai attendu 3 semaines avant dêtre pris en charge pour une urgence !

témoignage.jpgMonsieur D. est un jeune homme en excellente santé. Du coup, il est peu connu des médecins et cela lui a joué bien des tours lorsqu'il a eu besoin de trouver un dentiste pour une urgence.

"J'ai ressenti un jour une douleur de dents terrible. Comme cela ne passait pas, j'ai contacté un premier dentiste qui m'a expliqué ne pas prendre de nouveaux patients. Puis un second. Puis un troisième. J'ai essuyé un refus catégorique de tous les dentistes que j'appelais ! Finalement c'est ma mère qui a fait du forcing auprès de son propre dentiste qui a consenti à me recevoir 3 semaines plus tard.

Trois semaines avec une rage de dents que rien ne soulage, sans pouvoir manger normalement, sans pouvoir dormir convenablement, c'est affreux.

Je ne comprends pas que dans un pays comme le notre on puisse souffrir ainsi à cause du manque de médecins..."

24/05/2013

Quand le refus de prendre en charge les frais de transport par la CPAM nuisent à l'accès aux soins

témoignage.jpgL'accès aux soins peut être mis à mal de bien des manières. Les refus de prise en charge des frais de transport par la CPAM en font partie.

Madame M. a un fils atteint de dysphasie lexicale et sémantique et de dyspraxie. Il nécessite une prise en charge orthophonique particulière et adaptée. Les orthophonistes les plus proches du domicile de l'enfant n'étant pas en capacité d'apporter une prise en charge efficace et bénéfique à l'enfant, la maman est orientée vers une professionnelle de Loire-Atlantique.

La maman dépose une demande d'entente préalable en octobre 2009 pour la prise en charge des frais de transport. La CPAM de Vendée refuse et décide de limiter la prise en charge à la distance séparant le domicile de l'enfant, de l'orthophoniste le plus proche.

La Commission de recours amiable de la CPAM confirme cette décision de refus en mars 2010.

En juin 2010 Madame M. saisi le TASS (Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale) pour contester la décision de la commission de recours amiable de la CPAM.

Après avoir ordonné une expertise, le TASS vient de rendre son jugement.

Le TASS rappelle que seul un impératif médical justifie le remboursement vers un lieu plus éloigné.

Il rapporte que l'expert a conclu "de façon claire, précise et dénuée de toute ambiguité que seul le suivi effectué par l'orthophoniste de Loire-Atlantique a été bénéfique pour l'enfant. Il confirme l'avis de l'orthophoniste de proximité qui indique que l'orthophonie classique n'a pas été efficace dans cette situation."

Le TASS dit donc que le suivi orthophonique de l'enfant par la professionnelle de Loire Atlantique est médicalement justifié et que la CPAM de Vendée doit prendre en charge les frais de transport objet de la demande d'entente préalable.

Deux ans et demi de procédure qui se concluent par une reconnaissance des besoins et des droits d'un enfant. Une belle victoire pour cette maman.

21/05/2013

Faute de places suffisantes en SESSAD, j'ai du choisir lequel de mes enfants serait sacrifié...

témoignage.jpgMadame H. habite en Vendée. Elle a deux enfants, tous deux atteints de handicap. Tous deux bénéficient d'une reconnaissance d'un besoin d'être accompagné par un service de soins, un SESSAD, depuis 4 ans maintenant.

"Lorsque j'ai reçu les notifications de la MDPH accordant à mes enfants le droit d'être suivi par un SESSAD, j'ai cherché à mettre en place cet accompagnement. J'ai été confronté à un manque de place et durant deux ans, auncun de mes deux enfants n'a pu accéder à ces soins et bénéficier de ces accompagnements pourtant essentiels à leur développement. Après deux ans d'attente, on m'a informé qu'une place s'était libérée et qu'un de mes enfants pouvait en bénéficier.

C'est affreux, parce que on m'a obligée à choisir entre mes enfants. Au final, j'ai du choisir lequel des deux je sacrifiais. C'est inhumain d'infliger cela à une maman.

Aujourd'hui un seul de mes enfants bénéficie de l'accompagnement, alors que les besoins de mes deux enfants sont reconnus depuis 4 ans"

21/12/2012

Si tu trouves pas de médecin, vas chez le vétérinaire !

Marie Th. de Vendée nous fait part d'un questionnement quant à la mise en accessibilité de certains cabinets médicaux qui tarde...

"L'autre jour, je suis allé chez le vétérinaire. Je lui dis "Oh ! dites donc, vous avez fait des travaux"

"Oui oui ! dit il, je n'étais pas dans les clous avec la loi handicap !" et il a eu l'air de trouver ça normal.

Y aurait il plus d'humanité chez les vétos que chez les médecins ?"

Aller nous faire soigner chez le véto, c'est peut être bien ce qui va nous arrivera un jour ! cliquez ici

Il faut toujours se battre pour trouver une solution pour se soigner !

 témoignage.jpgMademoiselle R. habite sur le Choletais (49). Elle nous fait part des difficultés qu'elle rencontre pour se soigner : dentiste, médecin, pharmacien, tout est compliqué.

"Un jour j’ai appelé le dentiste pour qu’il me répare une dent mais il fallait que j’attende 6 mois. Pour moi c’est un peu long… en fait, même en cas d’urgence il faut attendre. Je pense qu’il manque des dentistes par chez nous.

Quand j’ai eu une blessure au pied, mon médecin m’a mis un pansement pour cicatriser. Mais quand on l’a enlevé, ça n’avait pas cicatrisé et ça a arraché ma peau. Mon médecin voulait me remettre ce même pansement mais je ne voulais pas. Je suis donc allée voir un autre médecin qui m’a conseillé un pansement différent du précédent. Mais quand je suis allé demander ce pansement à mon médecin traitant, il ne voulait pas me le prescrire. J’ai eu du mal à obtenir ce que je voulais c'est-à-dire un pansement adapté mais j’ai finalement réussi.

La pharmacie de mon quartier n’a pas ce genre de pansement. J’ai donc du chercher une autre pharmacie : elle se trouve à l’autre de bout de la ville. Toute seule je ne peux pas y aller en raison de mon handicap, je suis obligée de solliciter quelqu’un (un amis, une voisine, …) pour m’accompagner.

Pour ce qui est de l’accès à la santé, il faut toujours se battre pour trouver une solution !

11/12/2012

Se révolter ou s'adapter : quand le projet et la demande de la personne n'ont pas de place

 témoignage.jpgMadame B. organise des séjours de vacances pour les personnes en situation de handicap moteur sur la région des Pays de la Loire. Elle nous explique à quel point les prises en charges infirmières ont été compliquées à organiser.

 "J'ai organisé un séjour de 5 jours au Pouliguen (44) pour 8 personnes. Notre objectif était d'offrir à chacun de vraies vacances avec un rythme sympa et de nombreuses activités. Tout a été super, sauf la partie des soins infirmiers qui nous a vraiment compliqué le séjour, et la partie aide humaine qui nous a rappelé la triste réalité de ce que subissent les personnes dépendantes :

- déjà, ça n'a pas été simple de trouver un cabinet infirmier qui accepte d'assurer les soins d'un des vacanciers, car plusieurs répondaient ne pas avoir de place,

- quand on a trouvé un infirmier, il a refusé de se déplacer sur notre lieu de vacances : il a fallu qu'on l'accompagne au cabinet, aux heures imposées par l'infirmier : les heures de repas tant qu'à faire !

- je m'étais bien assurée par téléphone que le cabinet était accessible, et pourtant, en arrivant sur place : une marche !

Pour la partie aide humaine dont avaient besoin 5 vacanciers, là encore c'est nous qui avons du nous adapter aux exigences du prestataire. Il nous a imposé le coucher à ... 19h15. C'est lamentable. On devait se dépécher de rentrer, de diner en quatrième vitesse pour être prêt et être mis au lit à 19h15...

Ce séjour était une vraie bouffée d'oxygène pour les personnes elles-même, mais aussi pour leur entourage qui bénéficiait ainsi de quelque jour de répis. Mais franchement, qui a envie de se coucher à 19h15 en vacances ?

Une fois encore, ce sont les personnes dépendantes qui sont soumises aux exigences et aux contraintes imposées par les professionnels du soins et de l'aide à la personne. "

22/11/2012

Faut-il menacer de saisir la CRUQPC pour voir respecter son protocole de soins ?

témoignage.jpgMadame P. nous fait part de sa difficulté à faire respecter le protocole de soins qui a été élaboré par ses médecins d'un centre hospitalier, avec accord de la CPAM.

"Alors que je dois bénéficier d'une prise en charge par neurostimulations magnétiques transcrâniennes tous les deux mois, le centre hospitalier qui me suit ne m'a pas adressé de convocation à la date prévue. J'ai du relancer le secrétariat des médecins à deux reprises avant de m'entendre répondre qu'il n'y avait de place. Je devais attendre 4 mois supplémentaires ! Le secrétariat m'a dit : "Vous n'êtes pas la seule, on a des problèmes de planning : vous êtes sur une liste d'attente. Si vous avez une crise, allez voir votre médecin traitant, et si besoin, il vous fera hospitaliser"

J'ai bien essayé de rappeler qu'il y avait ma santé en jeu, qu'un protocole de soins avait été défini, mais rien à faire. J'étais démoralisée et surtout dégoûtée, avec la sensation qu'on me laissait tomber.

Le lendemain, c'est de la colère que j'ai ressentie. J'ai alors rappelé le secrétariat, et menacé d'informer la CRUQPC de cette situation (Commission des Relations avec les Usagers pour la Qualité de la Prise en Charge). Réaction immédiate : "Non non, ne faites pas ça, j'informe tout de suite le médecin. Je vous mets en attente, et je vous reprends". Dans les 5 min qui ont suivi j'ai obtenu mon rendez-vous, et n'étais plus sur liste d'attente !

Conclusion : Il est regrettable de constater qu'il faut se fâcher et se montrer menaçant pour avoir le droit de se faire soigner conformément à ce qui a été convenu avec le médecin lui-même ! Pour moi ça confirme une médecine à deux vitesses : le patient qui râle peut se faire soigner, et celui qui se soumet doit subir la douleur. C'est un grave problème selon moi, car on n'a pas toujours la force de se battre quand on est malade"

 Pour en savoir plus sur les CRUQPC, cliquez ici

Un infirmier accepte de prendre en charge les soins de Christian.

Nous vous rapportions la situation dans laquelle se trouvait Christian qui ne parvenait pas à trouver d'infirmier(e) pour assurer les soins prescrits : voir ici.

Grâce à une belle mobilisation de différents acteurs, un infirmier a accepter d'assurer ces soins !