21/12/2012

La fronde des Professions libérales de santé contre les règles d'accessibilité

Monsieur Y. est Vendéen. Il réagit à ça.

"En lisant le "savoureux communiqué" du CNPS (centre national des professionnels de santé libéraux), je ne dirai pas que les bras m'en sont tombés parce qu'à force de tomber ceux-là, ben j'ai du mal à les rafistoler, mais j'ai quand même failli versé ma p'tite larme !

Juste pour rappeler le contexte : la plupart des cabinets médicaux ou para-médicaux sont aujourd'hui partiellement, voire complètement inaccessibles pour les personnes en situation de handicap, et plus généralement pour toutes personnes à mobilité réduite. La loi de 2005 exige leur mise en accessibilité, ce qui semble logique. Mais (parce qu'il y a toujours un "mais") le CNPS estime que l'application de cette loi "présente plusieurs difficultés". Celles-ci se traduisent par des déménagements, des travaux, des aménagements, ... bref ! des investissements parfois très lourds.

Et donc au final on déboucherait sur une "ponction sur leurs revenus" ! C'est là que ma crise de larmes s'est déclenchée.

 

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Si tu trouves pas de médecin, vas chez le vétérinaire !

Marie Th. de Vendée nous fait part d'un questionnement quant à la mise en accessibilité de certains cabinets médicaux qui tarde...

"L'autre jour, je suis allé chez le vétérinaire. Je lui dis "Oh ! dites donc, vous avez fait des travaux"

"Oui oui ! dit il, je n'étais pas dans les clous avec la loi handicap !" et il a eu l'air de trouver ça normal.

Y aurait il plus d'humanité chez les vétos que chez les médecins ?"

Aller nous faire soigner chez le véto, c'est peut être bien ce qui va nous arrivera un jour ! cliquez ici

Il faut toujours se battre pour trouver une solution pour se soigner !

 témoignage.jpgMademoiselle R. habite sur le Choletais (49). Elle nous fait part des difficultés qu'elle rencontre pour se soigner : dentiste, médecin, pharmacien, tout est compliqué.

"Un jour j’ai appelé le dentiste pour qu’il me répare une dent mais il fallait que j’attende 6 mois. Pour moi c’est un peu long… en fait, même en cas d’urgence il faut attendre. Je pense qu’il manque des dentistes par chez nous.

Quand j’ai eu une blessure au pied, mon médecin m’a mis un pansement pour cicatriser. Mais quand on l’a enlevé, ça n’avait pas cicatrisé et ça a arraché ma peau. Mon médecin voulait me remettre ce même pansement mais je ne voulais pas. Je suis donc allée voir un autre médecin qui m’a conseillé un pansement différent du précédent. Mais quand je suis allé demander ce pansement à mon médecin traitant, il ne voulait pas me le prescrire. J’ai eu du mal à obtenir ce que je voulais c'est-à-dire un pansement adapté mais j’ai finalement réussi.

La pharmacie de mon quartier n’a pas ce genre de pansement. J’ai donc du chercher une autre pharmacie : elle se trouve à l’autre de bout de la ville. Toute seule je ne peux pas y aller en raison de mon handicap, je suis obligée de solliciter quelqu’un (un amis, une voisine, …) pour m’accompagner.

Pour ce qui est de l’accès à la santé, il faut toujours se battre pour trouver une solution !

16/12/2012

Droit à la santé pour tous - Un droit vraiment effectif ?

  lettre opinion.jpgL'APF a diffusé  une Lettre d'Opinion consacrée au droit à la santé.

 Pour la consulter,  cliquez ici.

11/12/2012

Se révolter ou s'adapter : quand le projet et la demande de la personne n'ont pas de place

 témoignage.jpgMadame B. organise des séjours de vacances pour les personnes en situation de handicap moteur sur la région des Pays de la Loire. Elle nous explique à quel point les prises en charges infirmières ont été compliquées à organiser.

 "J'ai organisé un séjour de 5 jours au Pouliguen (44) pour 8 personnes. Notre objectif était d'offrir à chacun de vraies vacances avec un rythme sympa et de nombreuses activités. Tout a été super, sauf la partie des soins infirmiers qui nous a vraiment compliqué le séjour, et la partie aide humaine qui nous a rappelé la triste réalité de ce que subissent les personnes dépendantes :

- déjà, ça n'a pas été simple de trouver un cabinet infirmier qui accepte d'assurer les soins d'un des vacanciers, car plusieurs répondaient ne pas avoir de place,

- quand on a trouvé un infirmier, il a refusé de se déplacer sur notre lieu de vacances : il a fallu qu'on l'accompagne au cabinet, aux heures imposées par l'infirmier : les heures de repas tant qu'à faire !

- je m'étais bien assurée par téléphone que le cabinet était accessible, et pourtant, en arrivant sur place : une marche !

Pour la partie aide humaine dont avaient besoin 5 vacanciers, là encore c'est nous qui avons du nous adapter aux exigences du prestataire. Il nous a imposé le coucher à ... 19h15. C'est lamentable. On devait se dépécher de rentrer, de diner en quatrième vitesse pour être prêt et être mis au lit à 19h15...

Ce séjour était une vraie bouffée d'oxygène pour les personnes elles-même, mais aussi pour leur entourage qui bénéficiait ainsi de quelque jour de répis. Mais franchement, qui a envie de se coucher à 19h15 en vacances ?

Une fois encore, ce sont les personnes dépendantes qui sont soumises aux exigences et aux contraintes imposées par les professionnels du soins et de l'aide à la personne. "